Avant propos du Guide pratique à l’usage des GI’s en France 1944-1945
(traduit et édité aux éditions du Cherche Midi,  « Nos amis les Français »
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: Nos amis les français : Guide pratique à...

Nous, les américains, considérons la critique comme un droit. Nous entendons défendre notre droit à râler, à protester, en somme à donner notre opinion.

Mais nous respectons le droit des autres à donner la leur. Le droit de parler n’induit-il pas le devoir d’écouter ? Si nous voulons critiquer, nous devons offrir à la « partie adverse » une chance équitable de se défendre. La vérité, nous le savons, ne peut jaillir que d’une discussion ouverte et honnête, et seule une volonté réciproque de se comprendre peut servir le bien collectif. En d’autre termes, la démocratie peut se définir comme l’effort réciproque, long et parfois ardu, qu’entreprennent des hommes libres pour se comprendre les uns les autres.

Cet opuscule a pour vocation de nous aider à comprendre un allié, le Français. Il ne s’agit ni de « défendre » ce dernier ni de conspuer ceux de nos compatriotes qui ne l’aiment pas. Nous voulons juste tenter de dissiper certains malentendus ou sujets d’irritation.

Sous la forme de questions - réponses, ce petit livre liste les critiques et les plaintes les plus fréquemment formulées par nos soldats en Europe, dès que le sujet des Français vient sur le tapis. Certaines réponses sont assez brèves,parce que la problématique est simple. Certaines autres sont beaucoup plus longues parce que les « questions » soulevées n’en sont en réalité pas, mais qu’elles sont des accusations fondées sur des préjugés complexes et répandus.

 Le but de la présente publication est le suivant :

Présenter des faits et des principes que même les mieux intentionnées ont tendance a oublier.

Certains considérerons peut-être que ce document n’est qu’un catalogue d’ « excuses » ou de « justifications » trouvées aux Français. A ceux là nous répondrons simplement que l’on n’a pas le droit de nier ou d’écarter la vérité au nom du droit à la critique.

Certains autres se contenterons même avec jubilation des questions soulevées, sans se préoccuper le moins du monde des réponses et des arguments. Ces lecteurs là refusent de voir eux aussi la vérité en face.

Ce livre ne convaincra  sans doute pas ceux qui s’enferment désespérément dans leurs préjugés, mais il pourra empêcher les autres de se faire contaminer par le virus de la critique gratuite et facile.

 Extraits

  •  Q1 - EN 25 ans nous sommes venus deux fois en Europe sauver les Français.

    •  R- Pas plus en 1917 qu’en 1944, nous ne sommes venus en Europe pour sauver les Français. Nous ne sommes pas venus en Europe pour faire plaisir à qui que ce soit. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse. (…/…)

     

  •   Q2 – Dans un premier temps, quand nous sommes arrivés en Normandie, puis à Paris, les Français nous ont offert de tout (…/…). Mais ces ingrats ont tout oublié. 

    • R – Les Français n’ont peut être plus de vin, de fromage, de fruits et de cognac à distribuer. Ils ont peut être épuisé les stocks qu’ils avaient dissimulés aux Allemands.Et un Français lisant l’affirmation ci-dessus ne pourrait-il pas à son tour s’écrier «  Les Américains sont-ils si ingrats ? Ont-ils oubliés que nous leur avons offert le peu qui nous restait ? »

     

  •  Q4 – Les Français nous prennent de haut.

    •  R- Il était inévitable que certains Français le fassent. Les citadins se comportent souvent ainsi avec les ruraux et il en ira de même pour un habitant de Pittsburgh se baladant à La Nouvelle Orléans ou pour un Texan au milieu de la 5ème Avenue. Nous les Américains croyons que les différences nous enrichissent – à conditions que les objectifs et les croyances politiques fondamentales reposent sur des bases communes(…) »

     

  •   Q7 – Nous ne pouvons pas nous fier aux Français

    • R- Tout dépend de ce que l’on entend par « se fier ». Si vous vous attendez à ce que les Français réagissent comme les Américains, assurément vous serez déçu. Ils ne sont pas Américains, mais Français. Si vous espérez qu’ils se hâtent comme nous, vous serez aussi déçus. Les Français ne se hâtent jamais – à l’instar, au demeurant, de la quasi-totalité des peuples hors d’Amérique. Mais nous avons pu nous fier à ces Français pour la chose la plus importante : deux fois au cours des deus dernières décennies, ils se sont battus avec nous et non contre nous.

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